Publié le
7/5/2026

Benchmark Tagaday : Festival du Livre de Paris, lire entre les lignes de la visibilité médiatique

Le Festival du Livre de Paris s’impose chaque année comme un temps fort de l’industrie éditoriale. Mais au-delà des performances commerciales et des classements, une autre dimension mérite d’être analysée : la visibilité médiatique.

Quels genres littéraires captent réellement l’attention des médias ? Les auteurs les plus vendus sont-ils aussi les plus visibles ? Les grands prix littéraires boostent-ils l'impact médiatique des livres et de leurs auteurs?

Cette étude décrypte les dynamiques médiatiques des trois dernières éditions du Festival du Livre de Paris, en croisant volume de mentions, tendances éditoriales et performances issues de la plateforme Tagaday.

2024 - 2026 : la médiatisation de l'évènement.  

Entre 2024 et 2026, le Festival du Livre de Paris  perd légèrement en médiatisation (de 1 450 mentions en 2024 à 1 370 en 2026) sur la période de J-10 à J+10.

En amont (J-10 à J-1), la montée en puissance au fil des éditions est particulièrement marquée. L’édition 2026 se démarque par une accélération à l’approche du festival, avec un point haut à 293 mentions à J-1, contre 164 en 2024 et 109 en 2025 respectivement, soit une hausse de +79 % vs 2024 et +169 % vs 2025.

Pendant le festival (J), les trois éditions atteignent leur pic de visibilité, avec des intensités variables. 2024 demeure l’édition la plus médiatisée lors de l’ouverture (395 mentions), devant 2026 (356) et 2025 (342), confirmant une concentration de la couverture sur le premier jour du festival.

En aval (J+1 à J+10), les évolutions divergent nettement. L’édition 2024 se distingue par une intensité médiatique plus étendue, illustrée par un rebond à J+5 (98 mentions). À l’inverse, 2026 connaît une baisse plus rapide (19 mentions dès J+5), tandis que 2025 adopte une position intermédiaire, avec une décroissance progressive sans reprise.

BD, romans, mangas… qui domine vraiment l’attention médiatique en 2025 ?

Tous les genres littéraires ne bénéficient pas du même traitement médiatique : en 2025, leur visibilité reste liée au calendrier éditorial et aux temps forts du secteur.

Nous avons analysé la présence médiatique de cinq genres littéraires : BD, roman, polar, littérature jeunesse et manga, sur l'année 2025.

La BD, leader incontesté du paysage médiatique avec 50 383 mentions annuelles (36,8 % du total des genres littéraires analysés), suit une évolution saisonnière. Après un niveau élevé en janvier (5 311 mentions), sous l’effet du Festival d’Angoulême (du 29 janvier au 2 février 2025), la visibilité recule progressivement jusqu’à un creux estival marqué en juillet-août (2 728 mentions en août). À partir de la rentrée, la visibilité repart à la hausse pour atteindre un pic en novembre (5 806 mentions), en lien avec la rentrée éditoriale et les sélections de prix BD.

Le roman, qui totalise 44 093 mentions (32,9 % du volume total), se différencie par une stabilité des mentions médiatiques sur la première partie de l'année. Après un niveau élevé en été (4 095 mentions en août, révélateur d’une consommation saisonnière), la visibilité augmente régulièrement pour atteindre 4 805 mentions en novembre. Cette montée en puissance est directement portée par la rentrée littéraire et amplifiée par les grands prix d’automne, avec une forte concentration de lauréats médiatisés, notamment le Goncourt, le Femina et le Renaudot, qui contribuent à faire du roman le principal moteur médiatique de fin d’année.

Le polar, avec un volume plus modéré, présente l'évolution la plus événementielle du panel. Sa visibilité bondit entre mars et avril (de 2 662 à 3 394 mentions, soit une progression de +27 %), sous un double effet : le festival Quais du Polar (du 2 au 6 avril 2025) et le Festival du Livre de Paris (11 au 13 avril 2025). Ce pic marque le point haut annuel, avant un retour à un niveau plus stable variant entre 1 700 et 2 500 mentions. Contrairement au roman, le polar ne bénéficie pas d’un relais médiatique aussi marqué à l’automne, ce qui confirme une dépendance plus forte aux événements dédiés qu’aux prix littéraires.

La littérature jeunesse, bien que représentant seulement 7 158 mentions (6 % du total), affiche une forte saisonnalité et une visibilité très concentrée. Le genre connaît deux pics distincts : en mars (1 036 mentions) et en novembre (1 212 mentions, son apogée). Ces rebonds correspondent à des moments clés du calendrier éditorial et commercial : opérations autour de la lecture au printemps et période des achats de Noël. En revanche, l’été marque un effondrement de la présence dans les médias (276 mentions en août).

Le manga, avec 6 214 mentions annuelles (4,5 % du total), reste le genre littéraire étudié le moins visible médiatiquement malgré une certaine tendance culturelle. Sa visibilité enregistre un point haut en juillet (751 mentions, soit +31 % par rapport à janvier), corrélé à des événements majeurs comme Japan Expo. Toutefois, cette hausse reste ponctuelle et suivie d’un repli rapide (395 mentions en août, soit -47 % en un mois), illustrant une absence de relais médiatique durable. Ce décalage met en évidence un paradoxe fort : une popularité croissante auprès du public, mais une exposition médiatique limitée.

Prix littéraires : quel impact sur la visibilité des lauréats ?

Sans surprise, l'attribution des prix littéraires génère un pic médiatique extrêmement fort le jour de l'annonce (4 novembre) pour l'ensemble des lauréats étudiés. Le Goncourt 2025 (Laurent Mauvignier) avec 996 mentions, suivi du Renaudot 2024 (Gaël Faye) avec 650 mentions, puis Goncourt 2024 (Kamel Daoud) : 409 mentions et du Renaudot 2025 (Adélaïde de Clermont-Tonnerre) : 371 mentions.

En amont, la visibilité reste globalement faible et irrégulière, notamment pour le Renaudot 2024 (Gaël Faye avec 141 mentions à J-13) et le Goncourt 2024 (Kamel Daoud, 104 mentions à J-13), sans qu'un rythme continu ne se dégage. Après l'annonce, les évolutions divergent : certains lauréats bénéficient d'une exposition prolongée, en particulier le Goncourt 2025 ( 473 mentions à J+1 et des volumes soutenus les jours suivants), tandis que d'autres voient leur visibilité diminuer plus rapidement.

Les auteurs les plus vendus sont-ils les plus visibles dans les médias ?

Cette analyse croise le classement annuel des auteurs francophones les plus vendus en 2025, publié par Le Figaro Littéraire le 22 janvier 2026, avec les données de volume médiatique issues de la plateforme Tagaday sur la période du 1er janvier au 31 décembre 2025.

En effet, l'étude révèle un contraste marqué entre performance commerciale et présence dans les médias, les situations d'alignement restant rares.

Parmi les dix auteurs étudiés, un seul présente une correspondance parfaite :  David Foenkinos, classé 3 à la fois en ventes et en volume médiatique, avec 3 830 mentions.

Certains auteurs affichent toutefois une relative cohérence entre leurs performances commerciales et leur couverture médiatique, à l'image de Franck Thilliez (5ᵉ des ventes, 6ᵉ en visibilité avec 2 357 mentions) et de Joël Dicker (6ᵉ en ventes, 4ᵉ en médiatisation avec 3 760 mentions).

D'autres, comme Olivier Norek (10 en ventes, 7 en visibilité avec 2 086 mentions), bénéficient d'un écho médiatique légèrement supérieur à leur position dans le classement des ventes.

Certains auteurs illustrent un phénomène inverse, où l'exposition médiatique surpasse la performance commerciale.

Laurent Mauvignier, seulement 8ᵉ en librairie, se hisse en tête du classement médiatique avec plus de 6 000 mentions, lié notamment à son Prix Goncourt. Il est suivi par Michel Bussi, 9ᵉ en ventes mais 2ᵉ en visibilité avec 4 287 mentions.

Ce Top 2 médiatique cumule plus de 10 000 mentions, soit davantage que l'ensemble des cinq auteurs les plus vendus.

À l’inverse, plusieurs figures majeures des ventes peinent à s’imposer dans l’espace médiatique.

Virginie Grimaldi, pourtant 1ʳᵉ des ventes, n’occupe que la 5ᵉ place en visibilité avec 2 484 mentions.


Plus marquant encore, Morgane Moncomble (2ᵉ des ventes) et Marie-Bernadette Dupuy (7ᵉ) enregistrent les volumes médiatiques les plus faibles du panel, avec respectivement 250 et 215 mentions.

Dans la même trajectoire, Mélissa Da Costa, 4ᵉ des ventes, se positionne en 8ᵉ place du classement médiatique avec 2 039 mentions.

Les best-sellers sont-ils aussi les plus médiatisés ?

Le croisement du Top 10 des livres les plus vendus en 2025, issu du classement Livres Hebdo publié le 23 janvier 2026, avec leur exposition médiatique met en lumière une divergence nette entre performance commerciale et visibilité médiatique.

L’exemple le plus frappant est le renversement entre La Femme de ménage de Freida McFadden et La Maison vide de Laurent Mauvignier. Alors que le premier domine largement les ventes, c'est le second, 6ᵉ au classement commercial, qui s'impose très clairement en tête du classement médiatique avec 4 245 mentions, soit près de 1,7 fois plus que le titre phare de McFadden. Cet écart s'explique directement par l'obtention du Prix Goncourt 2025, qui agit comme un puissant levier de médiatisation.

En revanche, la performance commerciale exceptionnelle de Freida McFadden, avec 6 titres présents dans le Top 10, dont une double entrée pour La femme de ménage voit tout, se traduit par un traitement médiatique plus fragmenté. Aucun de ses ouvrages ne dépasse individuellement les 2 500 mentions. À ce titre, la présence de La femme de ménage voit tout en 7ᵉ et 9ᵉ position s'explique par l'existence de deux éditions distinctes; le volume médiatique a donc été consolidé en une seule entrée (361 mentions).

Par ailleurs, certains titres affichent une surperformance médiatique notable, comme La très catastrophique visite du zoo de Joël Dicker, qui passe de la 10ᵉ place des ventes à la 3ᵉ place médiatique (1 103 mentions). Inversement, Astérix en Lusitanie, pourtant 2ᵉ des ventes, atteint la 4ᵉ  place médiatique (829 mentions).

Les données ont parlé. Les avez-vous entendues ?


Derrière chaque best-seller, chaque prix littéraire ou chaque édition du Festival du Livre de Paris, les données racontent une histoire. Le monde du livre génère du bruit médiatique en permanence. La vraie question est : êtes-vous équipé pour en faire une opportunité ?

Méthodologie :

Etude réalisée sur la base de l’analyse de plus de 5 500 programmes d’information (diffusés par 410 chaînes et stations TV/radio pour une moyenne de 2 400 heures quotidiennes) et d’une sélection de 3 000 publications de presse écrite (titres de la presse imprimée et sites web éditoriaux).

Afin de garantir la fiabilité et la pertinence des résultats, seuls les contenus contenant des mentions explicites des thématiques analysées ont été pris en compte. Cette approche méthodologique permet une mesure précise et ciblée du niveau de médiatisation de chaque sujet.

L'analyse a été réalisée avec le module "Analyser" de Tagaday qui permet d'aller au-delà du simple volume de retombées médiatiques pour explorer des KPIs clés tels que la répartition des retombées médiatiques par type de médias, la mesure de l'€-Pub ou encore l'impact.

Vous souhaitez en savoir plus sur les services Tagaday ? N’hésitez pas à nous contacter, nous serons ravis d’échanger avec vous.

Benchmark réalisé avec le module "Analyser" de Tagaday